Au collège, 6 histoires sur 10 commencent par une conversation qui n’avait rien à voir avec l’amour : un exercice de maths, un ballon, une place dans le bus. Les déclarations directes, elles, aboutissent 1 fois sur 5. En 14 ans à recevoir des familles, j’ai vu ce qui rend un garçon de 13 ans curieux de vous, et c’est presque toujours la même chose : la simplicité.
Comment draguer un mec au collège : devenir celle qu’il a envie de voir
Mon parti pris, et je le tiens de centaines de conversations avec des collégiens et leurs parents : au collège, la meilleure façon de plaire à un garçon est de ne pas essayer de lui plaire. Les filles qui « draguent » au sens des séries, avec des regards appuyés et des messages à minuit, obtiennent des moqueries dans 4 cas sur 10. Celles qui deviennent simplement une personne agréable à croiser obtiennent une amitié dans 7 cas sur 10, et cette amitié devient parfois autre chose.
À 12, 13 ou 14 ans, un garçon ne cherche pas une petite amie comme un adulte cherche un partenaire. Il cherche quelqu’un avec qui il rit, avec qui il joue, avec qui il n’a pas honte. Le reste vient tard, doucement, et souvent pas avant le lycée. Ce rythme lent n’est pas un problème, c’est une chance : vous avez le temps.
À tout âge5 sites de rencontre pour seniors comparés sur le sérieux, les tarifs et la sécuritéCette logique traverse toutes les périodes de la vie où l’on apprend à séduire à tout âge, mais au collège elle est la seule qui fonctionne, parce que tout le monde regarde, et que la honte est le sentiment dominant de cet âge.
Au collège, on ne conquiert personne. On devient la personne à côté de qui il a envie de s’asseoir. C’est plus lent, et c’est la seule méthode qui ne fait de mal à personne.

Ce qu’il faut savoir sur les garçons de 12 à 15 ans
Trois choses expliquent presque tout leur comportement. La première : la peur du ridicule devant les copains. Un garçon qui vous apprécie fera semblant du contraire devant son groupe dans 8 cas sur 10. Ne le jugez pas sur ce qu’il fait en groupe, jugez-le sur ce qu’il fait quand vous êtes deux ou trois.
La deuxième : il a souvent 1 à 2 ans de retard sur vous en maturité affective. Une fille de 13 ans sait souvent ce qu’elle ressent ; un garçon de 13 ans le découvre en le vivant. Il ne comprend pas les allusions, les regards, les messages à double sens. Il comprend les phrases simples.
La troisième : il a une vie à côté, faite de sport, de jeux, de copains, et il ne pense pas à vous 20 fois par jour. Cela ne veut pas dire qu’il ne vous apprécie pas. Cela veut dire qu’il fonctionne par moments, et que le bon moment se choisit.
Draguer un mec au collège en 5 étapes sur 3 semaines
1. Exister dans son champ de vision, sans le viser
Première semaine : vous vous placez là où il est, sans lui parler. Même table à la cantine à deux places d’écart, même coin de la cour, même rang en permanence. Un garçon remarque une fille qu’il croise 5 fois par jour ; il ne remarque pas celle qui le fixe une fois de loin. Vous saluez d’un « Salut » en passant, une fois par jour, pas plus.

2. La première conversation, sur un sujet pratique
Deuxième semaine, vous lui parlez d’une chose concrète, qui ne parle pas de vous ni de lui. « Tu as compris l’exercice 4, toi ? Parce que moi, pas du tout. » Ce type de phrase obtient une réponse dans 9 cas sur 10, parce qu’elle ne demande rien d’autre qu’une réponse. Une déclaration, elle, demande une décision, et à 13 ans une décision devant les autres fait peur.
3. Rire ensemble, à trois ou quatre
La conversation à deux n’est pas encore possible pour lui sans gêne. Vous passez donc par le groupe : votre amie, son copain, vous, lui. Un fou rire partagé en groupe vaut trois conversations à deux. Les collégiens qui finissent par sortir ensemble ont presque toujours passé par cette étape, où l’on devient « les quatre qui rigolent en SVT ».

4. Le message simple, sur un prétexte réel
Troisième semaine, vous avez son numéro ou son compte parce que le groupe l’a rendu naturel. Vous envoyez un message court, avec un vrai prétexte : « C’est quoi les pages à réviser pour demain ? » ou « Tu as vu le score ? ». Un message par jour au maximum, jamais après 21 h, jamais de « tu dors ? ». Un garçon qui répond en développant est un garçon qui a envie de parler. Un garçon qui répond par un mot n’a pas envie, et vous n’envoyez pas de second message.
5. Dire les choses simplement, sans obliger à répondre
Si, après 3 semaines, il vous cherche aussi (il vient vers vous, il vous écrit le premier, il vous garde une place), vous pouvez dire ce que vous ressentez. La phrase : « Je t’aime bien, plus qu’un copain. Tu n’es pas obligé de répondre. » Elle est courte, elle ne réclame rien, et elle laisse le garçon libre. Elle obtient une réponse claire dans la semaine dans 6 cas sur 10, et dans les autres cas un silence, qui est une réponse aussi.
Comment draguer un mec au collège : les phrases, et celles à éviter
| Situation | Phrase qui fonctionne | Phrase qui gêne |
|---|---|---|
| Premier contact | « Tu as compris l’exercice 4, toi ? » | « Tu es trop beau » |
| Dans la cour | « Vous jouez à quoi ? Je peux regarder ? » | « Tu m’ignores ? » |
| Premier message | « C’est quoi les pages à réviser pour demain ? » | « Tu penses à moi ? » |
| Pour se voir hors collège | « On va au parc samedi avec Inès et Théo, tu viens ? » | « On se voit juste tous les deux ? » |
| Pour dire ses sentiments | « Je t’aime bien, plus qu’un copain. Tu n’es pas obligé de répondre. » | « Tu veux sortir avec moi ? Oui ou non ? » |
Les phrases de droite ont un point commun : elles mettent le garçon devant un choix immédiat, devant d’autres, et elles parlent de ses sentiments avant même qu’il les connaisse. Les phrases de gauche parlent d’autre chose, et laissent l’attirance arriver seule.
Ce qu’il faut respecter, pour lui et pour vous
- Un non est un non. Un « non », un « je ne sais pas », un silence de plus d’une semaine : vous arrêtez, et vous restez gentille. Aucun message pour demander pourquoi. Insister, c’est perdre le garçon et sa considération.
- Rien ne se fait par l’intermédiaire des copines. Envoyer une amie « demander s’il t’aime bien » se termine par une moquerie dans 5 cas sur 10. Ce que vous voulez dire, vous le dites vous-même.
- Aucune photo qui ne pourrait pas être vue par vos parents. Aucune, jamais, à personne, même en confiance. Ce qui est envoyé ne revient pas.
- Rien en cachette. Si vous devez mentir à vos parents pour voir ce garçon, c’est que quelque chose ne va pas dans la façon de le voir. Les rendez-vous se font au grand jour, en groupe, en journée.
- Le collège reste le collège. Aucune histoire ne mérite une note en moins ou une amie en moins.
Si ça ne marche pas : ce que vous aurez gagné
Dans 6 cas sur 10, ces 3 semaines ne mènent pas à une histoire. Il vous aime bien sans plus, ou il préfère quelqu’un d’autre, ou il n’est pas prêt. C’est la norme, pas un échec. Ce que vous aurez gagné, c’est un copain de plus, un groupe qui rit en SVT, et une chose précieuse : vous savez maintenant parler à un garçon sans trembler. Cette capacité vous servira à 16 ans, quand les choses deviendront plus sérieuses, et les repères pour séduire à 16 ans reposent exactement sur ce que vous aurez appris ici.
À tout âgeSéduire à 40 ans : les 5 leviers qui font mieux qu’à 25 (chiffres en consultation)Si ça marche, sachez que les histoires de collège durent en moyenne 6 semaines, et que c’est très bien ainsi. Vous apprenez à être deux, à vous écrire, à vous disputer pour une place dans le bus, à vous séparer sans drame. Au lycée, le rythme change et les codes aussi : la façon de draguer au lycée ressemble déjà davantage à celle des adultes, avec des soirées, des rendez-vous à deux, et des sentiments qui durent plus longtemps.
Un dernier repère pour garder les pieds sur terre : à 20 ans, 9 personnes sur 10 ne sont plus avec la personne qu’elles aimaient au collège, et elles en gardent un souvenir plutôt doux. Ce qu’on apprend en séduisant à 20 ans, on l’a répété à 13 dans une cour de récré, en demandant à un garçon s’il avait compris l’exercice 4.

Louise Buchet
Ce que je vois en cabinet, depuis quatorze ans : des couples qui arrivent au bout de la routine, des gens qui veulent récupérer quelqu'un qu'ils ont perdu il y a trois semaines, des femmes de 52 ans qui recommencent tout après un divorce. Je ne…


